28 avril 2009

Was ist slash ?

Qu’est-ce que le slash ?


blogslash


Waste question… (ok, promis maintenant j’arrête). Le slash, comme vous ne pouvez pas manquer de le savoir si vous me connaissez, ou comme vous n’allez pas tarder à le découvrir si vous ne me connaissez pas, c'est, comment dire... un genre de Nutella qui fait pas grossir (le volume neuronal non plus d'ailleurs).


Pause musicale, pour écouter en lisant  C'est un morceau magnifique, mais plus adapté à la lecture d'une fic que d'un article sur les fics, je vous l'accorde...


Donc, d’abord une définition générale : le slash, c’est un type particulier de fanfiction/fanart/fanvid (ici je traiterais uniquement de la fanfic) mettant en scène deux personnages du même sexe dans un rapport amoureux (voir beaucoup plus si affinités et hormones chez l’auteur). Notons que la plupart des gens font une différence entre Slash et Femslash (slash entre deux personnages féminins). Je n’approuve pas, à moins qu’on renomme le Slash masculin en Mslash. Après tout, c’est un genre de discrimination.


Une petite restriction : les couples homosexuels canons (1) ne peuvent pas être considérés comme slash, qui est, par définition, une invention développée par les fans. Le Jianto (Jack et Ianto, dans Torchwood) ne forment donc pas un couple slash. D'ailleurs je sais pas trop si on peut parler de couple gay, Ianto étant visiblement une femme et Jack étant visiblement... euh, une tache.

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En revanche, les couples non existants dans l’œuvre originale, si évident qu’ils semblent aux slasheurs (je pense au Doctor/Master dans Doctor Who, ou au Merlin/Arthur dans Merlin), ne peuvent en aucun cas être qualifiés de canons. Mais on peut toujours prier très fort St Oscar, patron des slasheurs (2).


Au fait, pourquoi ça s’appelle « slash » ? A cause du « / » généralement utilisé pour séparer les deux noms (ou les trois, ou les quatre, ou les cinq, ou plus, selon l’humeur de l’auteur). On peut aussi former un seul nom avec les deux/trois/quatre/cinq/plus (3) : Jianto, McBeck (McKay/Beckett, Stargate Atlantis), Hilson (House/Wilson, House MD). C’est mon mode préféré, ça permet de s’amuser un peu à faire des concours de termes débiles. Toujours dans Atlantis (mais pas en slash) y’a le Sheppard/Weir qui donnait Shweir. Comment vous voulez rester sérieux avec un nom pareil ?


Enfin, un petit moment d'histoire : la première fic Slash recensée (il y en a eu de nombreuses avant, mais il est impossible de savoir pour celles qui s'échangeaient entre amis) serait un Kirk/Spock nommé "A fragment out of time" (source), publié dans un fanzine. Bien sur, depuis, avec l'explosion d'internet, les possibiités d'ecrire et de partager se sont multipliées, pour le meilleur, et pas mal pour le pire.


En voilà assez pour l’introduction, passons aux choses sérieuses (enfin… j’me comprend quoi).


I. Pourquoi slashe-t-on et qui sont les slasheurs ?


… des slasheuses, principalement. Et oui, hélas pour la crédibilité et les tentatives de réhabilitation intellectuelle du genre, les auteurs de slash sont, dans 80% des cas, des adolescentes tout juste pubères aux hormones hyperactives. Je sais de quoi je parle, j’ai commencé comme ça. L’avantage c’est que pas mal des lectrices sont dans le même cas, donc finalement ce petit monde s’autosatisfait (c’est un genre de masturbation intellectuelle à plusieurs finalement… je sors). Ce qui n’empêche pas certaines d’écrire très bien, laissant présager le meilleur pour leurs fics futures…


Heureusement, il y a les 20% restants, qui sont un peu un fourre tout, on trouve des garçons (gays ou non) des femmes plus âgées, des jeunes femmes, et un éventail intéressant de professions (mais les étudiants sont largement représentés. De la a en tirer des conclusions sur leur abondance de temps libre...).


Pourquoi slashe-t-on ?


Alors là… je peux tenter de donner des raisons générales, et puis vous dire pourquoi moi je slashe, ce qui ne vous intéresse pas forcément…


On slashe parce que :


- On est soit-même homosexuel et on ne sent pas trop d’écrire un truc HET.


- On est hétéro et on a pas envie de faire comme tout le monde


- On soutient une cause


- On aime les challenges


- On a les hormones qui travaillent


- … et on a pas de vie sentimentale (bon ça c’est pas systématique hein)


- On a envie de mettre de la distance entre les personnages et nous (si on est une fille)


- Les personnages féminins sont pas crédibles dans l’œuvre (ou masculins, dans le cas d’un femslash)


- On apprécie la facilité que c’est pour construire une histoire


...et que sais-je. Personnellement, j’ai commencé à slasher vers 14 ans, au début parce que le premier slash que j’ai lu (un Jack/Daniel, Stargate SG1) m’a d’abord complètement choquée, puis parce que j’ai trouvé ça très intéressant de manipuler des personnages d’une manière inhabituelle (j’ai attaqué par une série de Tutur/Lala (enfin d’Arthur/Lancelot, Kaamelott) qui ont choqué pas mal de monde (4) ) et qui sont vite devenus une manière d’évacuer mon trop-plein d’hormones, les transformant en sagas improbablement romantico-sexuello-morbides.


Depuis j’essaye de me restreindre mais j’ai quand même un faible pour les histoires qui commencent bien et finissent très mal. Maintenant j’écris du slash par habitude, et malgré les difficultés de s’affranchir des clichés du slash, j’essaye d’écrire quelque chose de bien avant quelque chose de sexy. En plus j’adore les challenges, et les couples improbables (Uther/Gaius, Merlin, par exemple, tremblez mortels, voici venir le gérontoslash !). Et je rêve de trouver LE couple femslash pour en écrire un, enfin.


Et puis avec le slash, j’ai rencontré des copines, et on a légèrement tendance à se monter la choucroute mutuellement, ce qui finit par donner des fics honteusement débiles.


Pause musicale N°2 (Marillion c'est toujours bien) 


II. Les types de slashs


… je suis pas certaine d’avoir le courage de me lancer dans un catalogue. Bon, on va déjà voir ceux auxquels j’arrive à penser.


Classique (mais peu courant) : une histoire normale, avec des aventures, et tout et tout, et une relation slash en parallèle. Souvent l’histoire sert juste de faire-valoir à l’histoire du couple.


Slasho-centrique : La relation slash sert de cœur au scénario, au moins la pas de risque d’être trompé sur la marchandise.


H/C : Hurt/Comfort, bobo puis câlin quoi. Il faudrait un article entier pour en parler, avec les subdivisions, Rapefic, Deathfic, etc… en gros, le but du jeu est de faire souffrir l’un des persos et de le faire ramasser à la petite cuillère par l’autre. Souvent fort peu crédible, tant au niveau des blessures physiques ou morales, que des conséquences. A ce sujet je citerais Joanna Russ et son “Pornography, by women, for women” in Magic Mommas, Trembling Sisters, Puritans and Perverts (5) :


 By "unreal" I don't mean simply glamorized or idealized but TOTALLY UNLIKE REALITY; if your beloved appears at your door bleeding and battered in real life, you probably don't feel a rush of erotic tendresse. In fact, once you've called for an ambulance, covered said beloved with a blanket, made sure the patient's head is lower than the patient's feet, and administered what medical help you can, you are far more likely to go into your bathroom and throw up.


“Par “irréaliste” je ne veux pas simplement dire plus glamour ou idéalisé, mais TOTALEMENT DIFFÉRENT DE LA RÉALITÉ : si votre bien aimé sonne à votre porte, battu et sanglant dans la vraie vie, vous ne ressentirez probablement pas un brusque accès de tendresse érotique. En fait, une fois que vous aurez appelé une ambulance, couvert ledit bien-aimé d’une couverture, que vous vous serez assuré que la tête du patient est plus basse que ses pieds, et fait ce que vous pourrez en matière de premiers secours, il est beaucoup plus probable que vous irez aux toilettes pour vomir. »


Notons l’existence d’un article introuvable sur le net et publié uniquement en fanzine (6) nommé A medical view of Hurt/Comfort par Vonne Shepard, ou le petit manuel de l’auteur de fic pervers pour savoir ce qu’il est possible de faire et surtout, quelles en sont les apparences et conséquences médicales. En gros, pourquoi il vaut mieux éviter de péter le genou a votre militaire de héros.


AU : Alternative Universe, bref, les mêmes personnages mais différents, dans un monde semblable mais différent aussi… Une bonne façon de faire n’importe quoi en s’affranchissant des codes de l’œuvre originale. Permet de faire du OOC : Out Of Character, sans remords.


PWP : voir plus bas, dans les dérives.


Guimauve : Ahaaa, j’aime. Volontaire le plus souvent (pour un pari, pour rire, par goût), parfois non, la guimauve dégouline de câlins, de bons sentiments, de romantisme… et vous en sortez avec une bonne grosse indigestion. Personnellement je donne plutôt dans la Dark-Guimauve (c'est à dire de la guimauve à mi-temps et des horreurs bien cliché, avec suicide et dépression en prime).


Harlequin : Se confond souvent avec la guimauve. Le royaume du cliché et de l'érotisme télégraphié.


Note ; je ne dénigre absolument pas tous ces genres, j’ai moi-même souvent donné dedans, à ma grande honte, ou apprécié des fics H/C par exemple. Si c’est bien fichu…


III. Les dérives (a.k.a : the witch ! burn the witch !)


Et le Docteur (7) sait s’il y en a…


1. Le slash IRL (In Real Life) ou RP (Real Person)


Une bonne fois pour toute : ON - NE - SLASHE - QU’AVEC - DES - PERSONNAGES - FICTIFS ! Pas question de slasher les acteurs, des chanteurs, ou des copains de classe/amphi/collègues (même si c’est assez tentant parfois). C’est une question de respect, il ne s’agit pas de blesser les gens ou de passer pour un gros crétin (le slash Tokio Hotel étant le comble de l’abominable).


2. Les trucs bizarres (même pour moi).


Ce qui touche à la pédophilie (genre, le Severus/Harry dans Harry Potter) à l’inceste (toujours dans Harry Potter, le Fred/George)…


3. C’est courant mais…


Le PWP (Porn Without Plot, du cul pour du cul quoi). Autant lire un porno, pas besoin que les personnages s’appellent Sirius Black et Remus Lupin.

 

Les Mary-Sue, présentes dans tous les types de fanfic (j’utilise ici le terme général de Mary-Sue pour tous les personnages idéalisés, y comprit pour les masculins, mais on trouve aussi les noms Gary Stu ou Marty Stu). On ne le répétera jamais assez : un personnage parfait, ce n’est pas intéressant. A par si vous avez un complexe et pas de quoi vous payer une grosse voiture


OOC : Out Of Character, Les personnages qui en deux lignes changent complètement de mentalité et de comportement (transformer Gene Hunt (Life On Mars) en grand romantique après une folle nuit d’amour avec Sam par exemple…)


Bref toutes ces conneries contribuent à la mauvaise image de la fanfiction en général et du slash en particulier, considéré comme genre « pervers ». Je vois pas ce qu’il y a de plus pervers a imaginer une relation complexe entre deux personnages du même sexe, plutôt qu’un truc hyper sexuel entre un homme et une femme.


Froz, nolife qui commence à se demander si elle assume.


oOo


1 : Non, ça veut pas dire qu’ils sont beaux, ça veut dire que c’est officiel dans l’œuvre.

2 : Donc la normalement Oscar Wilde vient de s’extraire difficilement de sa tombe au père Lachaise, et il est dans le bus pour venir m’égorger. Je vous dis pas l'odeur...

3 : Eenfin bref vous avez saisi l’idée.

4 : En partie parce qu’ils étaient écrits avec les pieds.

5 : Citée dans CET ARTICLE (en anglais)

6 : Ceci est une subtile allusion pour noël ou mon anniversaire…

7 : Celui de Doctor Who, pas celui en blouse blanche.

Posté par frozensheep à 05:05 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires sur Was ist slash ?

Le pire, c'est qu'à part le RPS, j'ai donné dans TOUTES les catégories que tu as citées...oui, même la Mary Sue *a honte*. Mais dans l'ensemble, je suis assez "old school" en ce qui concerne le slash : une histoire bien longue centré sur un personnage beaucoup moins cool dans sa tête qu'à l'extérieur et qui passe son temps à baver sur un autre personnage. C'est d'ailleurs plus marrant si c'est à sens unique.

Bravo pour cet article.

Posté par VLU, 28 avril 2009 à 12:55

ahaaaa ça c'est de l'article ! Rien à ajouter, à part que interdire le slash avec des personnes réelles, tu manques pas d'air ! XD
Sinon, j'ai appris plein de trucs (ce que je croyais impossible sur le microcosme de la fanfic slash ) avec ton petit traité pour la parfaite slasheuse sadique. Et je ne reviendrai pas sur ta façon déplorable de caser "adolescentes tout juste pubères aux hormones hyperactives", ainsi que tout un paquet de termes du même style qui vont faire un malheur comme mot-clé sur Google...

Posté par le graal, 08 mai 2009 à 19:28

Depuis cet article je te raconte pas le nombre de pauvres malheureux qui atterrissent sur mon blog en tapant "jianto fanfiction" "merlin arthur slash"... les pauvres.

Pour en revenir au RPS, je ne slash pas de vrais gens, je te promet ! j'ai l'oreille qui se dresse aux ragots, mais c'est tout !
D'ailleurs quand j'écrivais du arthur/Lancelot c'était plus qu'un combat, parce que je devais me défendre contre des gens qui me traitaient de tarée, et Alexandre il est marié, et tu devrais avoir honte...
Non vraiment, moi vivante, jamais.

Sinon va faire un tour plus approfondi sur Fanlore, qui est un wiki très complet sur la fanfiction (y'a même le nom de la première fanfic slash ever, un kirk/spock.... faudra que j'essaye de la trouver, la ça devient de la recherche historique...)

Posté par Froz, 10 mai 2009 à 12:43

Bon, c'est quand même avec cet article que j'ai découvert ce blog... donc un commentaire est de rigueur (en passant, ne pas s'inquiéter si des mots clés bizarres apparaissent dans les stats du blog, svp, merci.)

"Heureusement, il y a les 20% restants, qui sont un peu un fourre tout" : donc hormis le fait que je ne sais pas trop comment j'dois réagir quand on me traite de fourre-tout, bel article !

J'ai aimé les "pourquoi slashe-t-on" et la citation de Joanna Russ qui m'a fait me dire : "C'est vrai qu'on est débile à vouloir croire que c'est romantique un potentiel-futur-amoureux-transi sanguinolent..."

Mais m'en fiche d'abord, j'continuerai de trouver romantique et pis c'est tout !

Posté par circé, 28 mai 2009 à 19:12

et au fait tu slash quoi/qui ? (ça fait un peu "tu prend quoi toi ? ça marche bien ?" mais bon...)

Posté par Froz, 28 mai 2009 à 19:54

Donc, je me shoote au slash séries TV quasi uniquement... (et pour info, jamais de RPS).

Classiquement Daniel/Jack, Daniel/Cameron, Daniel/Jonas, Daniel/Paul, Daniel/Blair, Daniel/Declan, Daniel/Jarod (tu saisis le dénominateur commun ou c'est trop subtil ?)
... et moins classiquement j'aime bien le mélange des genres (sans jeu de mots) : Olivia/Callie (Law and order SVU/Grey's Anatomy), Legolas/Arthur, Pacey/Chandler (Dawson/Friends. Si, si.), et autres improbabilités du même style !
C'est grave, docteur ?

Posté par circé, 28 mai 2009 à 20:45

Effectivement, c'est... varié. De la a dire que c'est grave....

Moi je donne dans le Arthur/Lancelot (kaamelott) ; Gene/Sam (Life on mars) ; Uther/Gaius (Merlin) ; Carson/Rodney ou rodney/sheppard (Stargate Atlantis) ; House/Wilsaon (House) ; Jack/doc doc/master rose/martha(Doctor Who)

Posté par Froz, 28 mai 2009 à 20:55
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